Rencontre avec Aliénor Rouffet, spécialiste de la communication d’entreprise qui nous livre sa vision de l’Employee Advocacy 1/2

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“Le collaborateur est le pétrole de sa société, son carburant, son énergie vitale, sans lui pas d’entreprise, pas de production, pas de business” ( Aliénor Rouffet, Engager ses collaborateurs, une course de fond pour l’entreprise, le blog de CFPJ, février 2019

Nous avons eu la chance d’interviewer Aliénor Rouffet, fondatrice de « La Part des Anges », (agence spécialisée en conseil, accompagnement et formation en communication d’entreprise. Elle s’est également intéressée aux démarches d’employé ambassadeur et nous livre ici sa vision sur le sujet.

We Ad : Comment la démarche d'employee advocacy s'intègre-t-elle au sein d’une entreprise ?

Aliénor R :  Si vous voulez que votre entreprise soit engagée par vos collaborateurs, la première étape est de les engager. On forme souvent les collaborateurs pour qu’ils s’engagent pour leur entreprise mais on oublie de former l’entreprise pour qu’elle soit engagée par ses collaborateurs. 

On oublie de former les directeurs, les managers pour qu’eux-mêmes soient engagés par leurs équipes. Finalement, c’est une histoire d’adoption.  Par exemple, quand on parle d’adoption pour des enfants, on oublie de parler d’adoption pour des parents, alors que c’est un véritable travail d’équipe. L’enfant est adopté mais le parent aussi. Entre l’employeur et l’employé, c’est un peu pareil… 

We Ad : Un des freins à la démarche viendrait donc des managers ou des supérieurs hiérarchiques de l’entreprise qui n’auraient pas forcément les connaissances nécessaires…

Aliénor R: Non pas forcément. Mon propos est plus de dire que l’on oublie souvent que c’est un travail d’équipe et que ça fonctionne s’il y a une symétrie des attentions et une symétrie de la reconnaissance. Un collaborateur qui rentre dans une démarche d’employee advocacy reconnaît la valeur de son entreprise donc il faut que l’entreprise reconnaisse aussi la valeur de ses collaborateurs, dans toutes leurs diversités, leurs compétences et  leur capacité. Car sans symétrie, il n’y a pas d’équilibre. Et sans équilibre, cela ne fonctionne pas. On ne peut pas s’engager dans une démarche virale et gratuite, sans symétrie des attentions. La démarche fonctionne sur du gagnant-gagnant.

We Ad : Pour vous, quels sont les enjeux principaux d’une démarche d’employee
advocacy ?

Aliénor R:  L’enjeu principal est de sortir de la communication corporate, d’un discours lissé qui n’est plus crédible aujourd’hui. Sortir d’un discours aseptisé, c’est retourner vers une communication authentique. Et finalement qui sont les acteurs de l’authenticité dans une entreprise ? Ce sont les collaborateurs, à condition qu’ils ne soient pas biaisés par la pression de la politique managériale, par la pression des résultats et la pression d’une communication formatée.

L’enjeu est de redonner la parole aux collaborateurs pour retrouver l’authenticité du terrain. Le collaborateur parle de ses expériences, de son vécu, qu’il soit bon ou moins bon d’ailleurs, cela fait partie du jeu de l’authenticité.

We Ad : Donc il y a plus de transparence aussi …

Aliénor R : Absolument. C’est comme dans le relationnel au quotidien, il faut être honnête et transparent sinon ça ne fonctionne pas. Mais pour y parvenir, l’entreprise doit être assez assise, assez assurée sur son fonctionnement et ses pratiques car elle va laisser la parole un peu libre à ses collaborateurs, sans contrôle a priori. Si on ouvre la boîte de pandore et que tout le monde peut parler, on ne sait pas trop ce qui va sortir. Mais si chacun est fier de l’autre, rien à craindre, ça ne dérape pas. (rire)

We Ad : Nous avons déjà évoqué l’idée de transparence, d’honnêteté, de qualité de la relation, mais en matière de management et de performances, quels sont les principaux avantages d’une telle démarche pour les managers ?

Aliénor R :  Tout dépend du type d’entreprise à laquelle vous vous adressez. Pour une entreprise prestataire de services, c’est avoir une meilleure audience, une meilleure crédibilité, une bonne visibilité et finalement mieux proposer ses services. Dans tous les cas, l’objectif est de faire du business. 

Dans d’autres cas, la démarche d’employee advocacy s’inscrit dans le cadre d’une démarche d’intelligence collective. L’idée est d’embarquer toute l’équipe pour que le résultat final soit plus pertinent avec des visions plus variées et plus larges.

Voilà la première partie notre riche échange avec Aliénor Rouffet . Nous espérons que cela vous a plus, si c’est le cas, retrouver la suite de l’article la semaine prochaine en vous abonnant à nos réseaux pour ne rien manquer de l’actu We Advocacy ! 👇